Follow:
Nouvelle Calédonie, Province Nord, Voyages

Carnet de voyage : Chair de poule à Hienghène

 

Parfois les voyages ce n’est pas que merveilleux, dépaysant et reposant… Parfois en voyage, il y a des couacs plus ou moins gros ! Mais les mésaventures, j’aime à penser que ça reste de l’aventure, pas vous ?

[Mode je raconte ma vie ON, attention c’est un article un peu long !]

On peut dire qu’on aura tout raté ou presque à Hienghène. Mais n’allons pas si vite, car ça avait plutôt bien commencé ! Après un week-end dans le Sud et quelques jours passés à Nouméa, nous partons pour 3 jours en solitaire vers le Nord, bastion de la culture Kanak.

Pour se rendre sur la côte Est depuis Nouméa, il faut utiliser une des transversales qui traversent l’île de part en part. J’en compte quatre et nous prendrons celle de La Foa à Kouaoua. Le paysage est très vert, le relief est superbe, la route est un peu longue car elle serpente mais les flamboyants rouge vif qui à cette saison ressortent dans cet océan de vert sont un vrai bonheur pour les yeux. On sent que les sommets arrêtent les nuages, c’est plus humide ici.

Arrivés de l’autre côte la vue se dégage et c’est une deuxième mine de nickel qui se présente à nous, le site minier de Kouaoua. Cette fois pas de tuyau mais une carrière à ciel ouvert, la montagne est creusée, effritée et révèle sa couleur ocre jusqu’alors cachée sous la verdure. Après une petite pause pique nique, nous commencons à longer la côte. C’est alors que les nuages nous rattrapent… Ca y est nous sommes passés du côté obscur du voyage !

Une heure avant d’arriver j’appelle Monique de la Tribu de Tendo chez qui j’avais réservé une nuit la semaine précédente depuis l’Australie. Et là, elle nous annonce qu’elle nous a complètement oubliés, qu’elle a pris d’autres personnes mais que nous pouvons tout de même venir. Deuxième mauvaise surprise, comme elle a oublié que nous arrivions, elle n’a pas préparé le Bougna (spécialité kanak) que nous avions commandé… Ca commence mal mais elle nous dit qu’elle peut en préparer un de légumes pour manger avec les crevettes qu’elle a préparées. Nous acceptons (en même temps nous n’avons pas trop le choix) et continuons la route sous des trombes d’eau.

Après une grosse demie heure de piste depuis Hienghène, nous arrivons et sommes assez mal accueillis… Malgré notre tissu et un billet de 1000 francs pacifique pour respecter « la coutume ». Cette tradition prévoit que nous nous présentions au chef de la tribu ou a un responsable afin d’avoir l’autorisation de rester dans la tribu. Monique a pris le tissu et le billet sans rien nous dire à part de nous asseoir dans un préau devant la maison.

Commence alors une longue attente sans que personne ne vienne nous voir. Ils ont un problème de fusible et la lumière ne fonctionne pas là où nous sommes (c’est important pour la suite…)

Heureusement que nous discutons avec l’autre couple car personne ne s’intéresse à nous. 1h30 plus tard Monique vient nous chercher pour le dîner, elle nous emmène sur la terrasse, qui est spécialement aménagée pour les hôtes. Il n’y a que 4 assiettes. Surpris, nous lui demandons si elle va venir manger avec nous. Elle nous répond que non, qu’elle est fatigué qu’elle préfère manger en famille. Mais nous avons des questions sur la culture Kanak, c’est pour ça que nous sommes ici ? « Non on n’a pas envie »…

Nous nous sommes donc tenus compagnie entre métropolitains voyageurs pris au dépourvu par ce manque total d’intérêt de nos hôtes à notre égard. Si ce n’est un unique intérêt financier non dissimulé. On nous avait prévenu que l’accueil en tribu est très variable mais la c’était en dessous de tout. Et ce n’est pas fini…

Après le repas, je commence à me gratter… La tête, les paumes de main surtout, mais en fait tout mon corps me démange horriblement. J’ai l’impression qu’il y a des puces dans le lit. Même si nous dormons dans nos draps, le matelas est un peu moisi et sent le chien mouillé. Parfois j’arrête de me gratter, histoire d’écouter si les autres se grattent aussi mais force est de constater que ce n’est que moi…

Vers une heure du matin je n’en peux plus. Je décide d’aller dormir dans la voiture mais ça ne se calme pas. Soudain, je suis prise de violentes crampes. Je n’ai jamais eu aussi mal au ventre de ma vie, je pleure et je crie de douleur, je me vois déjà rapatriée en urgence à Nouméa.. Je suis en sueur, j’ai mal, j’ai l’impression que je vais tomber à chaque pas mais je prends mon courage à deux mains, pour gravir l’Himalaya (enfin les 5 mètres et les 3 marches) qui me séparent de Mathieu pour le réveiller. Parce que non, voyez vous, mes cris de douleurs ne l’ont absolument pas sorti de son sommeil !

Il prend peur en me voyant dans cet état. Il réveille la famille, qui a du mal à lui donner des indications. Il appelle les pompiers lui même qui lui disent de me conduire au dispensaire à Hienghène. Au moment de partir, Monique ayant allumé la lumière de la maison, je pose mon téléphone qui me servait alors de lampe sur le capot de la voiture pour aller vomir un peu plus loin et je crie à Mathieu de le récupérer mais il est encore au téléphone avec les pompiers. Nous partirons donc sans mon i-phone … qui a du voler dans une flaque ou qui a été récupéré par quelqu’un… Nous ne le saurons jamais.

Arrivés au dispensaire, les crampes se calment, à bout de forces, je m’endors. Mathieu me laisse dormir jusqu’au petit matin. L’infirmière du dispensaire nous confirme que j’ai fait une violente intoxication alimentaire. De retour dans la tribu Tendo pour récupérer nos affaires, Monique nous demande de régler la note, la totalité de la nuit et le repas au prix du bougna de poisson (alors que c’était juste des légumes). Nous payons car nous ne voulons pas avoir de problème mais ça me fait ch… , surtout qu’elle sait que j’ai perdu mon téléphone à cause de cette histoire…  Aucun échange ou aucune excuses, juste une histoire d’argent…

Le lendemain, nous avions prévu de faire de la rando et du kayak, mais nous ne sommes pas en forme, alors nous roulons jusque Pouébo plus au Nord. Les nuages se lèvent et nous profitons des jolis paysages qui défilent sur la route qui longe l’océan…

Le lendemain soir nous avions réservé une tente au camping de Babou, aux environs de Hienghène. L’endroit est sympa, arboré et en bord de plage, même si nous n’avons pas accès à de l’eau. Nous passons une bonne nuit avant de nous réveiller aux aurores le 31 décembre pour faire de la plongée ! Mais c’est sans compter sur la législation Française… J’ai répondu au questionnaire honnêtement, m’étant faite opérer 3 mois auparavant je l’ai signalé. Cela n’avait pas posé de problème à Nouméa. En Australie les médecins ne donnent pas de décharge, mais mon médecin m’a dit que je pouvais reprendre la plongée sans problème. Seulement en France il faut un certificat médical car contrairement à l’Australie où l’on est responsable de soi, en France c’est l’instructeur qui est responsable de vous. Donc pas de possibilité d’installer un rapport de confiance… Et même si je suis très déçue, je peux comprendre… Ce que je n’apprécie pas,  c’est l’agressivité dont à fait preuve l’instructeur. Il m’a crié dessus en me disant que j’étais « complètement idiote »…

Bref 3 jours complètements gâchés, par des personnes peu accueillantes, 3 jours dont on se souviendra longtemps !
Et la poule dans tout ça ! Il est évident que même si je ne vous conseille pas les deux prestataires cités plus haut,  les paysages de la région valent tout de même le détour. Surtout si vous voulez ramener, comme moi, une jolie pierre à savon 🙂

Heureusement qu’après la pluie vient le beau temps ! 

 

Share on
Leave a comment

Par ici pour plus d'aventures !

8 petits mots

  • Répondre Kenza

    Pas cool du tout 🙁 je crois que je serai partie sans payer. Tu as laissé des revues sur TripAdvisor ou autre ?

    9 mai 2016 at 15 h 14 min
    • Répondre Sabine

      Non pas cool effectivement… Je voulais partir sans payer ou au moins ne pas tout régler mais quand tu es au milieu de nul part, entouré par toute une tribu.. Tu évites de faire des vagues.. Sinon, nous l’avons signalé à l’officie du tourisme local, nous n’avons pas de compte sur TripAdvisor, je préfère me renseigner à la source sur les blogs de voyage 🙂

      10 mai 2016 at 8 h 03 min
  • Répondre Wally

    Hoooo quelle aventure, bon ça vous fera rire dans quelques années (enfin presque rire 😉 ), je comprends votre déception…au moins de l’écrire t’a permis de vider un peu ta colère, de mieux le digérer (sans jeux de mots à la con hihihi), c’est déjà ça !
    pour le paiement nous aurions fait comme vous, il y a des moments ou on ne joue pas …
    avec de si beaux paysages, on oublie vite les mauvais moments pour se concentrer sur les beaux 🙂
    bisous à bientôt

    10 mai 2016 at 17 h 41 min
    • Répondre Sabine

      Oui tu as raison ! Il faut laisser les mauvais souvenirs au placard, mais si ça évite à certaines personnes d’être déçues ce sera ça de gagner 🙂

      11 mai 2016 at 14 h 26 min
  • Répondre Aurélie

    Oh désolé que votre expérience à Hienghène se soit si mal passé 😥 Je vis en Calédonie depuis 8 mois et c’est vrai que l’accueil en tribu c’est assez aléatoire. Je sais que depuis que l’on est ici, je regarde beaucoup plus les avis sur Tripadvisor car le prix n’est jamais une garantie de bonne prestation en Calédonie. Mais à côté de ça on peut aussi tomber sur des gens en or qui vont prendre le temps de nous parler de leurs traditions et coutumes. Pour Babou cela dépend vraiment de l’instructeur, nous l’avons testé il y a peu et on a vraiment eu une super expérience… J’espère que la suite de votre voyage c’est bien passé car La Nouvelle Calédonie a beaucoup à offrir 😉

    10 mai 2016 at 19 h 49 min
    • Répondre Sabine

      Oui le reste du voyage s’est bien passé merci 🙂 Ce n’est pas un secret que l’accueil en Nouvelle Calédonie peut être très variable, et ça veut dire qu’il y a autant de très bon , que de très mauvais ! On a pas eu de chance mais on est conscient que ça peut super bien se passer à d’autres endroits ! J’ai pris le temps de raconter notre expérience car c’est la première fois que je mange chez l’habitant sans les habitants… Je ne vois pas trop l’intérêt et en plus du problème d’accueil, il y a un souci sanitaire. Pourtant j’ai l’estomac bien accroché, j’ai vécu au Pérou pendant plusieurs mois dans des conditions rudimentaires, j’ai mangé dans des endroits impossibles (des choses improbables) en Asie surtout au Vietnam quand nous y habitions et je me suis toujours portée comme charme 😉 Pour Babou, le camping est très sympa, manque de chance (encore !) on a pas eu d’eau du tout… Et comme on est pas venu jusque Hienghène pour les paysages mais pour plonger, un peu de tact et de politesse aurait été bienvenus c’est tout… Après 3 ans en Australie, on a peut être un peu de mal avec les manières françaises 😉

      11 mai 2016 at 15 h 07 min
  • Répondre Holy

    euh j’ai loupé cette aventure… une intoxication alimentaire… mais ils dataient de combien de temps les légumes de Monique ? Donc si on passe par là bas je me note de te contacter pour te demander qui sont ces prestataires… histoire de ne pas les enrichir encore plus.

    8 septembre 2017 at 18 h 30 min
    • Répondre Sabine

      Coucou ma belle, c’est assez connu que l’accueil en tribu ne pas toujours à la hauteur. Le tourisme n’est pas très développé en NC malgré ce que l’on pourrait croire. Avec plaisir pour des conseils, mais nous ne sommes pas resté très longtemps. Avez-vous prévu une petite LDM par là bas ???? Je suis curieuse 🙂 🙂 🙂

      19 septembre 2017 at 13 h 18 min

    Envie de me laisser un petit mot ?

    Translate »
    Close