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Expatriation, Humeur

Expat, t’as le blues qui te colle à la peau…

 

« Cette fois ça ira, tu verras, tu commences à prendre le pli, tu sais comment ça se passe alors cette fois : tu seras forte  » dixit moi à moi au moment de partir de Canberra… (C’est que j’ai souvent de grandes discussions avec moi même. Même si généralement, soyons honnêtes,  cela ne mène à rien..) Bref, mais voilà, on a beau s’encourager, se vouloir désensibilisée, habituée… Quitter son chez soi, c’est toujours un peu compliqué… Connaissez-vous le syndrome de l’expatrié ? C’est un schema bien connu qui se joue en 3 actes : « la lune de miel, la désillusion et l’adaptation ».

courbe - copie

Tout le monde passe par là ou presque, après c’est plus ou moins long et plus ou moins marqué selon les individus… Bon, moi je dois avoir une petite âme sensible parce qu’à chaque nouveau déménagement, je me refais une mini-crise… Comme il faut voir du positif dans chaque événement, disons que ça va en s’améliorant puisque ça dure moins longtemps !

En ce moment, je dirais que je suis dans la phase 2, je sais que cela ne va pas durer mais je sais aussi pourquoi je suis dans cet état :

Je me sens un peu seule

La solitude peut frapper à n’importe quel moment, même lorsque l’on part à deux. Nouvelle ville, nouvel appartement, nouveaux défis mais les nouveaux amis ne sont pas toujours si faciles à trouver. Il est parfois difficile de nouer de nouveaux liens. Je pense que c’est aussi du à notre récent retour en France, nous étions très entourés, et là piouf plus personne avec qui papoter la journée…

Solution : ne pas croire en (bêtement comme moi au début) que les amis ça vous tombe tout cru ( ou cuit) dans les bras, ben non faut partir à la pêche… Je nous ai donc inscrit dans plusieurs associations : Tout d’abord à la mairie de notre quartier qui organise quelques activités, puis dans l’association « Sydney Accueil » pour rencontrer des Français et enfin « Meetup » pour rencontrer des personnes qui partagent nos centres d’intérêts. Maintenant il faut être patient, et oui la pêche ça ne marche pas à tous les coups mais il faut savoir persévérer…

Je ne peux pas me projeter

En France on ne se pose jamais la question de la date de retour, il n’y a pas de date de « péremption », pas de démarches administratives compliquées pour pouvoir rester un peu plus longtemps… En France, on est chez soi un point c’est tout (en plus on mange plutôt bien :P). Mais quand on ne sait pas où l’on sera, quand il ne vous reste plus que 4 mois sur votre Visa, il est difficile de faire des projets, de chercher un travail ou tout simplement d’acheter quoi que ce soit…

Solution : pas de possibilité de travailler pour l’instant alors je me suis inscrite dans une association qui vient en aide à la faune sauvage. J’espère pouvoir très vite donner un coup de main, mais les places de volontaires sont chères ici. Il y a beaucoup de monde impliqué dans la vie associative et parfois la motivation ne suffit pas, il faut aussi avoir le bon profil.

J’ai peur que notre aventure prenne fin

Il faut dire que nous sommes partis sans date de retour. C’est un peu différent pour ceux qui savent combien de temps ils vont rester et pour qui le retour est prévu bien avant le départ. Mathieu est en contrat local et peu de pays offrent la sécurité de l’emploi comme la France. Alors ayant grandi dans ce pays, avec ce mode de fonctionnement ( et 5 semaines de vacances <3 ), on se sent vite vulnérable dans un pays qui n’a pas les mêmes règles, où du jour au lendemain on peut tout perdre parce que l’entreprise ne veut plus de vous ou n’a plus besoin de vous. On se prépare donc toujours psychologiquement à partir « au cas où » mais c’est difficile de vivre comme ça.

Solution : il n’y en a pas… (Enfin si mais elle repose entièrement entre les mains d’un agent de l’immigration. Espérons que son café etait bon ce matin ! Parce que je vous assure, le café c’est très important ici, mais là je m’égare un peu en route :P) Il faut vivre avec cette épée de Damocles (enfin cet agent de l’immigration) au dessus de la tête et profiter, profiter et profiter encore d’être là ! Du coup, notre mission : Se faire plein de souvenirs (« challenge accepted »)

Je sais que le retour ne sera pas simple

Si partir n’est pas aisé, vivre loin pas toujours le rêve qu’on s’imaginait, il paraît que revenir n’est pas la solution de facilité. On peut vite se sentir en inadéquation avec son ancienne vie, qui n’est plus tout à fait là où on l’avait laissée. Que ce soit après 1, 3 ou 10 ans de vie à l’étranger, les choses ont évolué et on se dit que l’on ne retrouvera peut être pas si facilement sa place dans la société et parmi les siens. Sans compter qu’administrativement parlant la France n’aide pas vraiment ses enfants à revenir à la maison !

Solution : c’est n’est pas vraiment un problème alors il n’y a pas vraiment de solution ! On serait très contents de rentrer, ce qu’on préférerait c’est décider nous même quand sera le bon moment pour le faire !

Loin de moi l’idée de me plaindre, j’aime ma vie et je sais que toutes ces idées noires s’en iront quand notre vie sociale se sera un peu épanouie, quand certains problèmes d’ordre administratif seront réglés et quand nous aurons repris ces petites habitudes, ces petits riens, qui font qu’on peut se sentir chez soit partout  !

En attendant bah #oncherchedesamis car #cestastoujourssimpledetreexpat !

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Par ici pour plus d'aventures !

12 petits mots

  • Répondre Marie

    Coucou
    On imagine bien la situation de stress, anxiété et déprime qu’ engendre cette situation…Tu l’as très bien exprimée.
    Comme toi, on se sent impuissant face à la decision, alors reste une chose… Croisons les doigts et pensons -y très fort…
    <3<3<3 N'hesite pas à te signaler quand tu as envie de parler. J'ai du temps mais parfois j'ai peur de déranger! On peut papoter à distance! Gros bisous A très bientôt

    2 septembre 2016 at 16 h 44 min
    • Répondre Sabine

      Coucou Marie !
      Je sais que vous êtes là 😀 c’est juste que parfois c’est pas simple avec le décalage ! J’espère que vous vous êtes bien amusés ce WE.
      Gros bisous !

      4 septembre 2016 at 16 h 52 min
  • Répondre Wally

    Mais oui c’est compliqué, pour ce qui est de se plaindre, je trouve que tu as le droit de le faire, ce n’est pas parce que tu vis dans un beau pays, que tu fais de jolies photos, et que tu découvres des tas de choses, que ta vie est toute rose… j’ai l’impression d’entendre ma fille, elle me tient le même langage..  » tout le monde s’imagine que c’est super cool, que j’ai de la chance, alors oui j’ai de la chance j’ai choisi de partir, mais c’est pas les vacances tous les jours ou la vie parfaite.
    Tes émotions sont normales même si tu trouves que ça dure un peu trop longtemps, tu sais ça pète moins à la « gueule » que lorsqu’on fait comme si tout était parfait. Ce n’est pas rien de vivre avec l’épée de damoclès, être lourdé du jour au lendemain, non seulement du travail mais aussi du pays, être en changement perpétuel c’est déstabilisant pour l’âme… tu es une sensible alors forcément tu reçois tout de plein fouet, souvent je fais « travailler » mes patients avec quelques outils, à l’occasion, si le coeur t’en dit je te ferai part de tout ça, pour le moment mon coeur de maman d’expat te serre dans ses bras parce qu’un câlin, même à distance, ça fait toujours du bien 🙂

    2 septembre 2016 at 17 h 31 min
    • Répondre Sabine

      Coucou Wally !
      Je suis passée par « chez toi » il n’y a pas longtemps mais sur le téléphone. Je n’ai pas laissé de petit mot mais je suis avidement tes aventures américaines 😎 Ces jolies retrouvailles, ce temps perdu qu’on rattrape, ces découvertes en famille, ces souvenirs incroyables, tout ce qui nous rapproche malgré l’éloignement 😀 Mais comme tu le dis si bien, il n’y a pas que ça, tout n’est pas parfait, il nous faut faire avec les petits et les gros désagréments d’une expatriation pas toujours rose !
      Des bisous 😉

      4 septembre 2016 at 17 h 04 min
  • Répondre Ophélie G.

    C’est marrant, je n’ai jamais connu la deuxième phase, celle de désillusion. Ou alors, je ne m’en suis jamais rendue compte. En tout cas, j’espère que ce petit coup de blues va vite te passer ! Pour le moment, enjoy as much as you can! xx

    2 septembre 2016 at 19 h 05 min
    • Répondre Sabine

      J’ai envie de te dire tant mieux et que j’espère que tu ne la connaîtras jamais 😉
      J’imagine que ça veut dire que tu as été vite bien entourée, bien intégrée et bien installée 🙂 Et il n’y a pas mieux pour éviter les coups de blues !
      Xx

      4 septembre 2016 at 17 h 11 min
  • Répondre Marie anne

    Coucou Sabine!
    J’ai pense a toi pour ta fête mais j’ai oublie de te la souhaiter! Alors bonne fête un ou en retard!
    Même a Strasbourg parfois je me sens un peu expatriée et ma résolution de la rentrée serait aussi de rencontrer des nouveaux amis!
    En couple finalement c’est moins « facile » de se bouger qu’en étant seule car la ça devient impératif!
    J’espère que vous allez bien
    Bisous
    Marie Anne

    2 septembre 2016 at 21 h 17 min
    • Répondre Sabine

      Coucou Marie Anne !
      Nous allons bien et j’espère que vous aussi 😀
      C’est très gentil pour ma fête ;-).
      Je comprends très bien qu’on puisse se sentir « expatrié » dans un même pays, il suffit d’être loin des siens ! C’est une très bonne résolution que de se faire de nouveaux amis 😀 Après comme tu le dis, plus simple à dire qu’à faire pour des trentenaires en couple depuis un moment… 😛
      De gros bisous

      4 septembre 2016 at 17 h 19 min
  • Répondre Bérénice

    On a tendance à penser que partir nous évitera bien des problèmes, sauf que quitter son pays ce n’est pas quitter tous les problèmes de la vie. En tout cas je trouve ton article très bien dosé, tu parles des soucis de l’expatriation mais il y a beaucoup d’optimisme dedans !

    2 septembre 2016 at 21 h 33 min
    • Répondre Sabine

      Bonjour Bérénice et bienvenue par ici !
      Je rejoins ton avis, il serait faut de penser que partir voudrait dire fuir et laisser derrière soi tous ses soucis !
      Les soucis sont rapides… Ils finissent toujours par vous rattraper même à l’autre bout du monde 🙂

      4 septembre 2016 at 17 h 29 min
  • Répondre Aurelie K

    « +1 »
    haha
    Enfin, plus serieusement – j’ai de la chance que cote visa moi ca va (pour le moment), c’est deja ca. Le seul avantage de ta situation c’est la decision de profiter un max, meme si quand on est un peu deprime c’est pas simple 😉
    Bizoux et bon courage! Et merci du partage

    29 septembre 2016 at 6 h 06 min
    • Répondre Sabine

      C’est ça le problème du visa, la date limite ! Sinon, ça avance pour nous, on a reçu notre invitation hier pour lodger notre nouvelle demande de VISA 🙂 Des bisous xx

      29 septembre 2016 at 15 h 37 min

    Envie de me laisser un petit mot ?

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